FALLAIT-IL QUE JESUS SOIT CRUCIFIE ?

FALLAIT-IL QUE JESUS SOIT CRUCIFIE ?

Un des fondements de l’enseignement chrétien dispensé de nos jours est que la mort du Fils de Dieu sur la croix a permis le rachat des péchés de l’humanité. N’est d’ailleurs considéré comme autorisé à retourner au Paradis que celui qui admet l’origine divine de Jésus et croit en son sacrifice. Mais fallait-il vraiment que Jésus soit crucifié ? De nombreux faits montrent que non.

La mission du Christ

L’événement de la crucifixion est estimé comme si fondamental qu’un des symboles de la eligion chrétienne est justement la croix du sacrifice et que le jour où cet événement a eu lieu -vendredi - est le seul de l’année à avoir été qualifié de saint. La réconciliation de Dieu avec les hommes par la mort du Christ est enseignée partout et est généralement acceptée telle quelle, malgré le sentiment de malaise qui apparaît sans que l’on sache vraiment pourquoi lorsque l’on y réfléchit un peu plus à fond. Or, ce malaise que ressentent certaines personnes est justifié. En effet, comment admettre que seul le meurtre du Fils de Dieu puisse réconcilier la divinité avec l’humanité ? « Le Christ n’est nullement venu sur Terre dans l’intention de se faire crucifier » peut-on lire dans le Message du Graal. « Ce n’est d’ailleurs pas dans la crucifixion que réside la
rédemption. Le Christ fut au contraire crucifié parce que Sa qualité de Messager de la Vérité Le rendait importun à cause de Son enseignement. Ce n’était pas Sa mort sur la croix qui pouvait et devait apporter la rédemption mais bien la Véritéqu’Il offrait à l’humanité par Ses Paroles ! » (tome II, conférence 45) Cette conception n’est pas opposée à l’enseignement du Christ, mais - comme nous allons le voir - en parfait accord avec lui, de même qu’avec l’Ancien Testament, l’apocalypse et les événements liés à la vie de Jésus.

Les sacrifices sont-ils agréables à la divinité ?

Des offrandes rituelles et des sacrifices étaient une coutume courante chez les Juifs comme chez d’autres peuples anciens. Ces offrandes de nourriture (grains de récolte, pain ...) ou d’animaux vivants (holocauste de bélier, par exemple) étaient faits pour les hommes et non pour la divinité. En effet, ne vivant pas dans la matière, cette dernière n’a nul besoin de nourriture terrestre. En abandonnant volontairement une partie du fruit de sa récolte ou des animaux de son troupeau, le croyant voulait souligner le sérieux de la prière ou de la demande d’intercession qu’il adressait à la divinité. Ces actes étaient pourtant désagréables à Dieu. Cela ressort très nettement, par exemple, du livre d’Esaïe :
 « Qu’ai-je à faire de la multitude de vos sacrifices ? dit l’Eternel.
Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux ;
Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs.
Quand vous venez vous présenter devant moi,
Qui vous demande de souiller mes parvis ?
Cessez d’apporter de vaines offrandes :
J’ai en horreur l’encens,
Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées ;
Je ne puis voir le crime s’associer aux solennités.
Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes ;
Elles me sont à charge ;
Je suis las de les supporter,
Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux ;
Quand vous multipliez vos prières, je n’écoute pas :
Vos mains sont pleines de sang.
Lavez-vous, purifiez-vous,
Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions ;
Cessez de faire le mal,
Apprenez à faire le bien, recherchez la justice,... (Esaïe chap. 1 verset 11 à 17). A la lecture de ce passage, on peut fortement douter que Dieu eût préféré le sacrifice d’êtres humains à ceux des animaux, et à plus forte raison celui de son Fils. Ce qui compte pour Lui ce sont les actes et l’état intérieur de l’homme. Ce que confirme Jésus : « Si vous saviez ce que signifie : je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents. »
(Matthieu 12,7)

Le sacrifice des innocents

L’Ancien Evangile, celui qui relate tout ce qui s’est passé avant la naissance de Jésus, est aussi appelé L’Evangile de la Justice. Il y est en effet enseigné ce qu’est la Justice de Dieu. L’homme y apprend qu’il ne peut agir à sa guise, mais doit suivre la volonté de son Créateur, car seul le respect par tous de cette volonté permet une vie harmonieuse pour la multitude des êtres qui vivent dans la Création. Si l’homme transgresse cette volonté, il devra en rendre compte et sera jugé selon le principe : oeil pour oeil, dent pour dent. La justice de Dieu rend donc au « bourreau » exactement ce que celui-ci a imposé à sa victime. Cela lui est infligé non pas comme punition, mais comme aide, car en éprouvant sur lui-même ce qu’il a fait subir aux autres, il peut prendre conscience des souffrances que cela occasionne et ainsi décider de modifier sa manière d’agir. Cette notion de la justice a été résumée par le Christ en ces termes : « Ce que tu sèmes, tu le récolteras. » Il soulignait ainsi non seulement que la récolte suivrait inévitablement les semailles et serait de même genre qu’elles, mais aussi que seul le coupable en serait touché : « ce que tu sèmes, tu le récolteras ». Cette notion est si ancrée en nous, qu’il ne viendrait à l’idée de personne d’accepter comme juste qu’un juge condamne un innocent pour des crimes qu’un autre que lui a commis, et bien plus, qu’une personne étrangère à un délit puisse décharger la personne condamnée en subissant sa peine pour elle. Et pourtant, une dérogation considérable à ce principe est acceptée sans réfléchir : la condamnation d’un innocent - le Fils de Dieu - pour des crimes
qu’Il n’a pas commis - ceux de l’humanité. Comment peut-il y avoir ici un poids et deux mesures ? Comment Dieu peut-Il enseigner une justice aux hommes et en pratiquer une autre ? Soit la justice divine est parfaite et s’applique à tous les cas, soit elle ne le fait pas, mais alors elle n’est pas parfaite, puisqu’elle doit être modifiée selon les circonstances. Il n’y a ici aucune alternative et le seul moyen de ne pas rendre Dieu imparfait, consiste à admettre que la crucifixion de Son Fils n’était pas voulue par Lui, mais a été décidée uniquement par les hommes, ce qui est beaucoup plus dans l’ordre des choses.

La mission du Christ : enseigner  

On frissonne à la sinistre idée que la joie qui a été ressentie à la naissance de Jésus et qui se manifeste à nouveau à chaque Noël, n’ait pour objet que la naissance de la victime que pourront torturer les bourreaux une trentaine d’années plus tard. Le Christ n’est cependant pas venu pour sauver les hommes en étant crucifié, mais en leur montrant à nouveau ce qu’ils devaient faire eux-mêmes pour se débarrasser de leurs défauts. Cela impliquait nécessairement un enseignement : l’enseignement de la Vérité, de la Volonté de Son Père. Son inlassable activité d’enseignant constituait le motif unique de ses nombreux déplacements à travers le pays. Il décrivit d’ailleurs Lui-même le but de sa mission dans ce sens. A une foule qui voulait le retenir, il répondit : « il faut aussi que j’annonce aux autres villes la bonne nouvelle du royaume de Dieu ; car c’est pour cela que j’ai été envoyé » (Luc 4,43)
Les différentes prophéties annonçant la venue du Christ ne disent pas autre chose : « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef, qui fera paître Israël, mon peuple. » (Michée - Mat. 2,6) « Faire paître un peuple », comme un berger son troupeau, c’est le diriger, le faire bénéficier de sa sagesse : enseigner par l’exemple et la parole.
Siméon, un sage, prophétisa aussi sur Jésus lorsque celui-ci, encore bébé fut amené au temple par ses parents. Remerciant Dieu de lui avoir permis de voir son Fils, il dit « mes yeux ont vu Ton salut, salut que Tu as préparé devant tous les peuples, Lumière pour éclairer les nations. » Ici encore, il n’y a aucune allusion à une mort ou un sacrifice nécessaire. De plus, une lumière ne peut éclairer les nations si elle doit être obscurcie par les fautes des hommes et finalement être éteinte par la mort du Fils de Dieu sur la croix.
Jésus a lui-même montré son incompréhension face aux désirs des hommes de se débarrasser de lui physiquement. L’aurait-il fait si tel avait vraiment été le but de sa venue ? « Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? » (Jean 7,19) « Vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole ne pénètre pas en vous. » (Jean 8,37) Autrement dit, le désir insensé de le tuer n’est pas voulu ou prévu, mais est la conséquence de la non-acceptation de la parole qu’il enseignait.

Tu ne tueras pas

Donner aux hommes le commandement « tu ne tueras pas » tout en obligeant ces derniers à le transgresser pour que Jésus puisse racheter leurs péchés constituerait de la part de Dieu une contradiction flagrante. Le mal serait-il donc capable d’engendrer le bien et la fin justifierait-elle les moyens ? Celui qui était venu « non pour abolir la loi, mais pour l’accomplir » n’aurait-il ainsi pu accomplir sa mission que grâce au non-respect de cette loi elle-même ? Son oui n’aurait pas été un oui, et son non n’aurait pas été un non ! Une contradiction si flagrante entre ce qui est dit et ce qui est fait, attirerait sur n’importe quel être humain une avalanche de sarcasmes et un rejet justifié. Mais l’image déplorable qui est donnée de Dieu ne provient que de la fausse interprétation des faits. Dieu conserve toute sa grandeur si l’être humain admet que c’est lui-même, et non Dieu, qui a voulu cet assassinat.

« ... pour le rachat de beaucoup. »

Le fait que par la crucifixion le Christ n’ait pas pris sur lui les fautes de l’humanité pour l’en débarrasser, mais qu’il appartient aux hommes eux-mêmes de s’en défaire par leurs propres efforts ressort nettement dans différents passages des textes bibliques. Cet effort ne se limite pas à avoir foi en Lui, mais exige de surcroît que cette foi se transforme aussi en actes, c’est-à-dire qu’elle soit mise en pratique. A ceux qui demandaient qui entrerait au Paradis, Jésus répondit : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la Volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Mathieu 7,21) Lorsque quelqu’un demanda à Jésus s’il y aurait peu ou beaucoup de gens qui seraient sauvés, il ne laissa pas du tout entendre que tout le monde serait sauvé grâce à son sacrifice, mais seulement certains. Pour cette raison il leur conseilla de prendre la porte étroite plutôt que la voie large car « beaucoup chercheront à entrer, et ne le pourront pas. » (Luc 13,24) Beaucoup, donc pas tous.
De même lorsque Jésus institua la sainte Cène, il parla du sang « qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés ». (Matthieu 26,28) Là aussi, il est question de plusieurs et non de tous, ce qui aurait été le cas si vraiment la crucifixion avait été le moyen de racheter les péchés.
Dans l’Apocalypse, prophétie parlant de la fin des temps, on peut lire à propos de ceux qui ont pu regagner le Paradis « qu’ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. » (Apocalypse de Jean 7,14) Or, l’auteur du Message du Graal nous rend attentif au fait qu’il est dit très clairement que ce sont eux-mêmes, et non le Christ, qui lavèrent leur robe. Cela implique que le Christ n’a pas pris leur fautes sur Lui, et que c’était à eux de se purifier de leurs pêchés.

Preuves par les faits

Il y aurait encore beaucoup d’autres points à citer pour montrer que l’interprétation de la crucifixion comme sacrifice expiatoire voulu est erronée mais étant donné que tout ce qui a été dit jusqu'à présent était basé sur des citations et pourrait être taxé d’interprétations partiales, examinons donc ce que les faits objectifs décrits dans la Bible sur la crucifixion ont à nous dire.
Lorsque Jésus fut condamné et conduit sur le lieu du supplice, le Golgotha, « il était suivi d’une grande multitude de peuples, et des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Jésus se tourna vers elles, et dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; mais pleurez sur vous et sur vos enfants. » (Luc 23,28) Ces paroles n’auraient certainement pas été prononcées si la crucifixion qui allait suivre allait vraiment être une réconciliation entre Dieu et les hommes.
Le Christ n’aurait d’ailleurs pas non plus prié à Gethsémani, le soir de son arrestation, pour que les souffrances qu’il devrait endurer par la crucifixion lui soient épargnées (Matthieu 26,39) si sa mission avait réellement consisté à mourir sur la croix. Il ne le fit que parce qu’il savait que ce qu’il attendait n’était que la conséquence des décisions erronées du libre arbitre de l’homme.
Et que dire de la prière d’intercession que le Fils de Dieu fit sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Luc 23,24)
« Cette intercession aurait-elle été nécessaire », peut-on lire dans le Message du Graal, « si la mort sur la croix devait être un sacrifice indispensable à la réconciliation ? Ils ne savent pas ce qu’ils font ! Voilà pourtant une accusation des plus graves, une preuve manifeste que ce qu’ils font est faux et que cet acte ne fut rien d’autre qu’un vulgaire crime. » (tome II, conférence 66)
Lorsque Jésus rendit l’âme, « le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les roches se fendirent. » (Matthieu 27,51). On se souvient aussi que pendant que Jésus était suspendu à la croix « à partir de midi, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu'à trois heures ». (Matthieu 27,45)
Que le ciel s’assombrisse, la terre tremble, les rochers se fissurent, voilà des signes de la nature qui n’évoquent guère la joie de la réconciliation, mais plutôt la colère provoquée par le meurtre de l’innocent.
Le déchirement du rideau, qui dans le temple sépare la partie sacrée réservée à Dieu de la partie où se trouvent les fidèles, est souvent mentionné pour montrer que la réconciliation  eut bien lieu. Une autre explication de cet événement est donné dans le Message du Graal : « A la mort du Christ, le rideau qui, dans le temple, isolait le Saint des Saints de l’humanité se déchira. Cet événement est considéré comme le symbole qui mit fin à la séparation entre l’humanité et la divinité au moment même où s’accomplit le sacrifice du Sauveur, ce qui aurait donné lieu à une liaison directe. Mais cette interprétation est erronée. Par la crucifixion, les êtres humains refusèrent de
reconnaître le Fils de Dieu comme le Messie attendu, ce qui accentua encore la séparation. Le rideau se déchira parce que le Saint des Saints n’était désormais plus nécessaire. Il fut livré aux regards et aux courants impurs puisque, pour parler en termes symboliques, le Divin ne foulait plus le sol terrestre après un tel forfait. Le Saint des Saints était ainsi devenu superflu. C’est donc précisément le contraire des interprétations admises jusqu’à ce jour… » (tome II, conférence 45)

« La Lumière vint dans les ténèbres ... »

Jésus - la Lumière - vint dans les ténèbres - sur la Terre assombrie par le mal que les hommes y faisaient - et apporta son enseignement pour que les êtres humains puissent changer leur manière d’agir et retrouver le chemin qui mène au Paradis. Jésus apporta donc la rédemption dans sa Parole. Mais que se passa-t-il ? « Les ténèbres ne l’on point reçue » (Jean 1,5). Les hommes restèrent fermés à cette Parole et crucifièrent Jésus. Plus tard, ayant tout de même reconnu l’origine divine du Christ, ils interprétèrent sa mort comme un sacrifice nécessaire garantissant la rémission de leurs péchés. Ce fut là une erreur qui eut pour conséquence tragique de détourner les êtres humains de la seule grande aide qui leur fut apportée : la Parole. En effet, croyant pouvoir être sauvés par la seule foi, ils ne se préoccupent pas assez d’intégrer en eux l’enseignement de la Vérité et de le mettre en pratique.

Christopher Vasey
Ajouter un commentaire
 
Annuaire Spiritualité Santé et Médecine : bien être, forum bien être l'annuaire du mieux être UCC

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×