LA VIE DE BOUDDHA

LA VIE DE BOUDDHA

Siddharta était un prince indien. Son palais était situé sur les contreforts de la chaîne himalayenne au pied de laquelle s’étendait la capitale. Il menait là une vie tranquille et déployait une douce activité dans le confort et la richesse, entouré de sa femme Maya et de ses deux jeunes garçons, Rahoula et Çouddhodana.

La préparation : l'enseignement spirituel

Tandis que la foi et la piété de Maya étaient entièrement orientées vers les dieux de son temps, dont elle recevait une aide sans cesse renouvelée, Siddharta faisait preuve à leur égard de plus de distance, de relâchement et d’insouciance. Oui, au plus profond de son cœur, il ne croyait pas vraiment aux dieux qui avaient une signification pour son épouse.
Or, un jour, le bonheur familial prit brusquement fin : Siddharta, parti chasser avec quelques fidèles compagnons, ne rentra pas à la maison car, sur le chemin du retour, son escorte et lui-même furent attaqués par des ennemis. Jeté au sol par un coup d’épée, le prince lutta contre la mort.
Dans le même temps, sa famille courait également de graves dangers dans le palais. Depuis quelque temps déjà, Maya s’était sentie inquiète, pressentant quelque chose de menaçant. Et les événements lui donnèrent raison. Un prince voisin, ennemi de leur peuple, qui avait envahi le palais, le brûla entièrement et prit le pouvoir. Ce n’est que grâce à de sages directives et aux aides qui purent parvenir jusqu’à elle en raison de sa foi, de son amour et de sa sollicitude que Maya trouva le moyen d’échapper à temps à l’ennemi avec ses deux fils.
Mais Siddharta qui survivait à grand peine ne sut rien de cela. Il dut se faire à l’idée que les siens étaient morts. Après que tout apparat et toute dignité princière lui furent retirés, il se retrouva seul avec lui-même et plus rien alors ne le relia à sa patrie terrestre. Dans la poussière des chemins commença pour lui une vie nouvelle qui finit par s’orienter tout entière vers la quête de Dieu.
Pour commencer, Siddharta dut vivre dans la plus basse des castes, comme mendiant et paria rejeté de tous. Son chemin fut rude et plein de privations, et c’est précisément dans ces conditions de vie que certaines questions essentielles firent surface avec une impétuosité croissante. Pourquoi continuait-il en fait à vivre ? Quel était le sens de tout cela ? Il se mit à observer attentivement la nature, et les rapports sincères qui l’unissaient à tout ce qui l’entourait, plus particulièrement aux animaux, lui permirent d’établir un contact avec les entités de la nature, desquelles il reçut de nombreuses aides.
Il s’éleva de caste en caste à la sueur de son front et, peu à peu, prit conscience de l’éminente conduite qui l’accompagnait sur son chemin. Il découvrit que chacun des «maîtres» qu’il servait pouvait l’aider à trouver une réponse supplémentaire aux questions vitales qu’il se posait. C’est ainsi qu’un jour, Siddharta se retrouva dans un monastère où il approfondit la croyance des Brahmanes. Il pensa alors à sa femme Maya qui s’était tellement engagée dans cette foi. Jadis il en avait gentiment souri, et à présent il comprenait combien il avait été sot.
L’enseignement spirituel, que Siddharta reçut dans ce monastère, devait constituer une nouvelle et importante préparation en vue de la mission qui l’attendait parmi les hommes.
Dans cet endroit, il avait la possibilité d’approfondir sa quête de Dieu, et il se mit à pressentir la Volonté du Créateur que les Brahmanes s’efforçaient d’inclure du mieux qu’ils le pouvaient dans leurs activités quotidiennes. Les règles et les coutumes qui ponctuaient la vie tout entière de l’école du monastère s’organisaient autour du savoir que les enseignants devaient transmettre à leurs élèves. Il s’ensuivait tout naturellement que c’étaient les maîtres les plus purs et les plus avancés qui s’occupaient des élèves particulièrement doués.
Le maître de Siddharta l’accompagna dans sa quête de Dieu au travers de questions et de tâches bien définies - et cela jusqu’à ce que les moines lui eussent communiqué la totalité de leur savoir. C’est ainsi que son temps d’apprentissage dans l’école du monastère prit fin.

La mission : Concrétisation de cet enseignement

Siddharta reprit la route, solitaire, raffermi par le vécu intérieur au cours de son apprentissage. Un jour, alors qu’il s’était installé sous un arbre, il vécut cette merveilleuse expérience qui devait s’avérer déterminante pour la suite de son parcours : sa mission future lui fut dévoilée. Il lui était demandé d’annoncer au peuple indien l’existence du Dieu unique, du «Très-Haut», qui se tenait loin au-dessus de tous les «dieux» connus jusqu’alors.
En temps voulu, se présentèrent à lui les disciples qui devaient l’accompagner sur les vastes chemins semés de difficultés et, au fond de lui, il percevait clairement la voix de son guide spirituel. Siddharta luttait constamment pour prendre les bonnes décisions au service de ce qu’il voulait construire et il s’efforçait de ne jamais céder la place à un quelconque vouloir personnel. Ainsi, des années passèrent pour le précurseur conduit par la Lumière - jusqu’à ce que Siddharta soit autorisé à construire pour «le Maître des Mondes» une ville qui devait devenir la cité du savoir, de l’étude, de la pureté et de l’aspiration à la Lumière : Indraprastha, au sommet de l’un des contreforts de l’Himalaya.
Dans un premier temps, fut construite une école dans laquelle il pouvait transmettre aux élèves les nouvelles connaissances relatives au Très-Haut. Ensuite, de nombreux bâtiments vinrent s’ajouter au premier.
Les élèves étaient autorisés à vivre dans le monastère sans verser de contribution mais, en échange, ils s’engageaient à pourvoir aux besoins en sollicitant des dons. Les «frères quêteurs» étaient vêtus de jaune et bien accueillis dans la plaine car ils apportaient leur aide chaque fois qu’ils le pouvaient.
Les gens se pressèrent en foule vers l’école et le monastère, et les années passèrent dans une intense activité. Même les anciens «maîtres de la route» de Siddharta, ceux aux côtés desquels il avait parcouru son chemin, firent partie des habitants de la ville.
Au fil des ans, l’école et le monastère devinrent trop petits. Siddharta fit alors construire dans tout le pays des monastères à la tête desquels il plaça ses disciples.

La mission des femmes

Un jour, le fils de Siddharta, Rahoula, se présenta devant son père. Grand fut l’étonnement des deux, qui se croyaient mutuellement morts, lorsqu’ils se racontèrent leur histoire. Siddharta apprit comment les siens étaient partis vivre au loin après un miraculeux sauvetage. La famille avait survécu dans un monastère dont Rahoula était devenu l’élève et où il avait pris la décision de servir le «Très-Haut». Son frère Çouddhodana avait pris la succession de son père à la tête du royaume. Mais, entre-temps, l’épouse de Siddharta, Maya, était morte.
Vint alors la nouvelle du décès du supérieur des Brahmanes. Siddharta prit son cheval et partit pour deux ans dans ce monastère qu’il connaissait si bien, pour y porter également son enseignement basé sur la connaissance de l’existence du Très-Haut. Mais là, ce ne fut pas facile pour lui d’aider les frères à s’ouvrir aux hautes connaissances qui étaient devenues siennes entre-temps. Il dut lutter âprement afin de trouver les mots justes et il pria souvent pour demander de l’aide. Plus tard, son fils Rahoula, celui qui était physiquement son portrait, devint le supérieur de ce monastère.
A cette époque, les femmes menaient une existence peu enviable. Peu ou pas considérées, leur activité leur pesait. Cependant, chez certaines d’entre elles s’éveilla l’intense désir d’adopter le nouvel enseignement, et Siddharta prit cette aspiration très au sérieux. Cela lui permit d’accueillir en retour un nouveau savoir concernant l’action de la féminité, et il ne tarda pas à faire construire dans tout le pays des monastères pour les femmes.
Beaucoup de «sœurs secourables» partirent alors pour aller réveiller les «âmes endormies», car elles étaient les mieux placées pour connaître la détresse des femmes. Bénie fut l’activité de ces sœurs qui, infatigablement, prenaient soin des enfants, les orientaient en fonction de leurs capacités, allégeaient les détresses, soignaient les malades, guidaient les autres femmes et menaient une vie exemplaire au service du Très-Haut.
Un jour, le deuxième fils de Siddharta, le prince Çouddhodana, vint lui présenter son petit garçon qui était le portrait de son grand-père et qui s’appelait Siddharta comme lui. A l’instar de son grand-père le petit vivait en bonne intelligence avec les animaux, il pouvait les comprendre et leur parler.

La transmission : Gautama

A 12 ans, le jeune Siddharta se rendit sur la «Montagne de l’Éternel», nom donné au lieu de séjour principal de Siddharta, pour apprendre pendant quelques années auprès de lui. Rahoula s’y trouvait lui aussi car il avait des choses à voir avec son père. On pouvait à présent les voir tous les trois réunis, et ils se ressemblaient tellement qu’on avait l’impression d’avoir devant soi une seule et même personne à trois âges différents. Afin de ne pas confondre les deux Siddharta en parlant d’eux, le plus jeune fut appelé Gautama.
Parvenu à un certain âge, Siddharta réalisa son projet de construire une maison de retraite pour les anciens. Ainsi chacun pourrait couler une vie tranquille pendant ses vieux jours, pensée largement approuvée par les Brahmanes qui voyaient dans ce repos une préparation au nirvãna, au repos éternel qui les attendait après la mort. Cependant, cette idée ne fut pas unanimement approuvée.
Désormais, les jours de Siddharta étaient comptés, eux aussi. Ses fils arrivèrent à temps pour lui faire leurs adieux. Même Gautama était présent - et c’est lui que Siddharta désigna solennellement comme successeur, juste avant que son âme ne passe de l’autre côté. Pendant les jours qui précédèrent l’inhumation, l’âme du Maître entra une dernière fois en contact avec un de ses fidèles compagnons car Siddharta avait encore quelque chose à dire. Entre-temps, il avait pris conscience du fait qu’il n’était pas juste de créer des maisons de retraite dans lesquelles régnait l’oisiveté, comme c’était devenu l’usage, et il demandait d’abolir cette pratique.
Les anciens n’acceptèrent qu’à contrecœur cette recommandation. Mais Gautama imposa d’office la volonté de son grand-père en faisant raser le bâtiment et en distribuant de légers travaux à ceux qui avaient habité là.
Avec Gautama s’ouvrit une ère nouvelle. Il commença par faire construire un temple en l’honneur du Créateur et des années passèrent, empreintes d’une joyeuse activité. Aux femmes aussi il attribua de nouvelles tâches. Gautama ne fit rien sans prendre conseil auprès de son maître spirituel et chercha à connaître la Volonté de l’Éternel. Il voyagea beaucoup car il se sentait poussé à faire connaître le nouvel enseignement au plus grand nombre possible d’êtres humains. Il se mit toujours activement à l’ouvrage là où cela s’avérait nécessaire.
Un jour le chemin de Gautama croisa celui d’une gracieuse princesse destinée à devenir sa femme. Tout en pressentant à juste titre que tel était bien son destin, il crut qu’il ne pourrait servir le Maître des Mondes qu’en restant seul et libre. Ce renoncement erroné engendra beaucoup de douleur et de désespoir de part et d’autre. Lui qui n’avait jamais pris la moindre décision sans demander conseil pour savoir si elle était conforme à la Volonté de Dieu s’était senti, dans ce cas précis, tellement sûr de lui, qu’il avait manqué le plus important. Avec le meilleur vouloir du monde il avait pris la mauvaise décision !
Puis vint l’époque où le pays connut des années de grande désolation qui apportèrent la mort avec elles, car les cours d’eau avaient débordé. Ensuite la sécheresse fit de nouveau craquer la terre, entraînant de mauvaises récoltes. Dans leur détresse, les humains insatisfaits retournèrent partiellement à leurs premières croyances, car ils voyaient dans leur malheur la vengeance des anciens dieux qui ne pouvaient tolérer la foi en l’Éternel. Même parmi ceux qui avaient déjà reçu la Vérité, nombreux furent ceux qui fraternisèrent avec les Brahmanes qui maintenaient la croyance dans les anciens dieux. Gautama s’évertuait à expliquer que tout ceci était faux, que la juste voie à suivre pour le peuple ne pouvait être que celle de la connaissance, car ceux que l’on appelait autrefois «les dieux» n’étaient en réalité que des serviteurs de l’Éternel.

Fin de la mission dans la solitude

Combien d’âmes chancelantes purent ainsi être renforcées ou convaincues ! Gautama mobilisa toute son énergie dans la recherche d’un successeur. Il le trouva en la personne de l’un de ses élèves qui avait grandi en accomplissant radieusement ses devoirs. Un jour donc, Gautama put réaliser son voeu le plus cher : se retirer dans la solitude pour approfondir dans le silence la connaissance de la structure de la création. Gautama partit en ne prenant avec lui que deux serviteurs chargés de ses besoins matériels et, à partir de ce moment-là, mena une vie d’ermite. Il se retirait souvent dans les montagnes ou priait dans sa cabane. Il se mit à éprouver de plus en plus souvent le sentiment que le ciel s’ouvrait au-dessus de lui et à percevoir des choses merveilleuses, inondé d’une force lumineuse, jusqu’au jour où son âme fut prête à partir...


Andrea Amrhein

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