LE SYSTEME DES CASTES ENTRAVE OU BIENFAIT ?

LE SYSTEME DES CASTES ENTRAVE OU BIENFAIT ?

La division d’une société en castes, comme c’est le cas en Inde, est en général décriée car elle apparaît au premier abord comme rétrograde et dépassée. Elle est pourtant régie par une logique et une sagesse souvent ignorées. En effet, lorsque le système des castes n’a pas subi de déformations, il facilite grandement autant la vie de la société que l’épanouissement de l’individu.  Le système de castes en Inde
Les commerçants et voyageurs occidentaux qui de tout temps se rendirent en Inde, que ce soit dans un passé lointain, comme Marco Polo, ou plus récemment, ont tous constaté que la société indienne est divisée en groupes sociaux nettement délimités et développant chacun leurs caractéristiques propres. Ces groupements ont été dénommés castes, d’un mot portugais signifiant «ce qui est non mélangé». Chaque caste regroupe en effet des personnes aux particularités bien précises et exclut toutes celles qui ne les possèdent pas.

Traditionnellement, les castes sont basées sur une appartenance commune à un corps de métier. Les membres d’une même caste forment ainsi un groupe homogène au sein de la société, d’une part parce que la branche professionnelle dans laquelle ils exercent est la même (professions liées à l’agriculture, au commerce, etc.), d’autre part parce que le mode de vie qui découle du genre de profession engendre des préoccupations et des aspirations similaires, ainsi qu’une manière fondamentalement identique de penser, de parler, de se vêtir, de s’alimenter, d’occuper ses loisirs et de perpétuer les traditions.

L’homogénéité à l’intérieur des castes ne signifie cependant pas qu’il y a uniformisation de ses membres. Chaque individu conserve sa personnalité et son caractère, car ce qu’il partage avec les autres membres de sa caste, c’est seulement sa manière d’être. Celle-ci est néanmoins si typique que la possibilité pour quelqu’un de s’intégrer clandestinement dans une caste qui n’est pas la sienne est vouée dès le départ à l’échec : son comportement le trahirait aussitôt.

En Inde, les castes sont des groupements très fermés, dans lesquels on ne pénètre que parce que l’on y est né. L’unité et la cohésion de la caste sont également entretenues par le fait que seuls les mariages endogames, c’est-à-dire entre membres de la même caste, sont autorisés. Il en résulte que chaque individu est très conscient de son appartenance à une caste précise et de ce qui le distingue des membres des autres castes.

 

 

La société indienne se répartit en quatre castes fondamentales.

La caste des brahmanes est couramment désignée comme étant celle des prêtres. En réalité, il s’agit plutôt de la caste de ceux qui, dans le sens large du terme, ont la connaissance, qu’il s’agisse de la connaissance religieuse ou profane. Cette caste comprend par conséquent les prêtres, les savants, les érudits et les enseignants.

La caste des ksatriya, dite aussi caste des guerriers, a pour fonction la protection de la société contre l’extérieur et le maintien de l’ordre social en son sein. Elle est par conséquent constituée des guerriers et des soldats, ainsi que des rois et des seigneurs. Ces derniers détiennent l’autorité et le pouvoir, et doivent les utiliser pour le bien de toute la communauté.

La caste des vaiçya, décrite de manière trop limitative comme celle des marchands, est constituée par les corps de métiers responsables de l’approvisionnement alimentaire de la société, que ce soit au niveau de la production (agriculteurs, éleveurs…) ou de la distribution (commerçants, marchands, banquiers…).

La caste des cudra, elle, est la caste de ceux qui produisent les objets nécessaires à la vie quotidienne et professionnelle (potier, forgeron, tisserand…), c’est-à-dire les artisans, mais également toutes les personnes qui par leur habileté manuelle et leur sens pratique construisent et entretiennent, autrement dit : les ouvriers en général.

A l’intérieur des quatre castes fondamentales mentionnées à l’instant, on trouve des sous-castes regroupant des «non-mélanges» plus petits. La grande caste des artisans, par exemple, se divise en sous-castes de forgerons, vanniers, ébénistes, etc. Chacune de ces sous-castes possède en effet sa propre activité et son propre mode de vie.

Les sous-castes elles-mêmes se divisent encore en groupements plus petits, en fonction du degré de perfectionnement atteint dans l’activité du sous-groupe. Les fabricants de tapis d’usage courant, par exemple, n’appartiennent pas à la même «sous-sous-caste» que ceux qui tissent des tapis précieux et rares pour les palais et les temples.

 

Autres systèmes de castes

Contrairement à une opinion couramment répandue, le système des castes n’existe pas seulement en Inde. Certes, dans ce pays, cette division a toujours été très consciemment vécue et intégrée dans la vie quotidienne, cependant, des répartitions similaires ont été observées un peu partout dans le monde et à toutes les époques. Cela a amené les spécialistes à dire que, fondamentalement parlant, la division d’une société en castes était quelque chose d’universel.

La société occidentale, elle aussi, a été et est divisée en «castes». Par exemple, à la fin du 14e siècle, en France, la société est divisée en trois ordres : la noblesse, le clergé et le Tiers Etat (les artisans et les paysans). Les membres de ces trois ordres étaient reconnaissables à leur activité et à leur mode de vie. La conscience de leur appartenance à un ordre était tout aussi développée que le sentiment d’appartenance à une caste en Inde, et l’admission à un autre ordre tout aussi difficile que le passage d’une caste à une autre.

A partir de la révolution industrielle, qui eut lieu au 19e siècle, la société se divisa en trois grandes classes : celle des patrons, celle des bourgeois et celle des prolétaires. De nos jours, où l’on parle plutôt de classes supérieure, moyenne et inférieure, la conscience de classe est moins prononcée et le passage de l’une à l’autre beaucoup plus aisé.

Le caractère universel du système des castes se révèle également par le fait qu’il existe chez les animaux vivant en société. Chez les animaux sociaux, comme les abeilles, les fourmis et les termites, la population adulte est en effet divisée en groupes d’individus morphologiquement différenciés, assurant chacun une fonction différente nécessaire à l’ensemble. Dans une ruche, par exemple, on trouve des abeilles responsables de la défense, d’autres de l’approvisionnement et d’autres encore de l’entretien et de la construction. La fonction dirigeante est assurée par une «caste» ne comprenant qu’un individu autour duquel tout tourne et s’organise : la caste de la reine.


Pourquoi un regroupement en castes ?

Le caractère constant et spontané de l’apparition de castes ou de classes dans tous les différents genres de sociétés montre qu’un principe directeur est à l’œuvre. Autrement dit, que la formation de castes est le résultat inévitable de l’action d’une loi de la création. Cette loi est la loi de l’attraction des affinités, qui fait que ce qui est de même genre ou qui se ressemble s’attire ou s’assemble, mais qu’à l’inverse, ce qui n’est pas en affinité, c’est-à-dire ce qui est de genre différent ou qui n’a pas de points communs, ne se lie pas ou même se repousse.

Cette loi a été traduite par la sagesse populaire dans des proverbes et des dictons tels que «Qui se ressemble, s’assemble» et «Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es».

La force qui, d’une part, attire les semblables l’un vers l’autre et, d’autre part, éloigne les contraires, n’est pas une force extérieure – sinon il ne pourrait être question d’attraction – mais la force qui émane des éléments concernés eux-mêmes. Chaque être humain irradie en effet vers l’extérieur en fonction de son propre genre et de ses propres caractéristiques, et attire, ou est attiré, par les personnes possédant des irradiations d’un genre semblable. Ce phénomène étant l’expression d’une loi, il a lieu tout naturellement, sans que nous ayons à faire un effort dans ce sens.

Les effets de la loi d’attraction des affinités s’observent facilement dans n’importe quel groupement humain. Prenons l’exemple d’une classe d’écoliers qui passe une journée dans la nature. Très vite et spontanément, la classe se divisera en sous-groupes : quelques élèves partiront à l’aventure dans les environs du campement, d’autres s’occuperont du feu et du repas, d’autres encore préféreront paresser à l’ombre… La même chose se produira dans un groupe d’adultes : les sportifs, les joueurs de cartes, les artistes, ceux qui aiment manger… se retrouvent très vite ensemble et forment des sous-groupes par affinité.

La loi de l’attraction des affinités permet ainsi à des gens qui ont les mêmes intérêts et qui agissent, pensent et ressentent les choses de façon similaire de se retrouver pour agir ensemble. L’être humain n’est en effet pas capable de tout découvrir par lui-même. Les connaissances et le savoir-faire des autres êtres humains lui sont utiles, voire indispensables pour perfectionner ses propres connaissances.

Un échange mutuel est donc nécessaire ; les uns apportent aux autres ce qui leur manque, les autres reçoivent des premiers et donnent à leur tour quelque chose plus loin. Cependant, parmi la multitude de personnes qui nous entourent et qui sont riches de leurs propres potentialités, certaines nous sont plus nécessaires que d’autres. Ce sont celles qui vont dans la même direction que nous, c’est-à-dire celles qui se préoccupent, pensent et agissent de manière similaire ; autrement dit, celles qui sont en affinité avec nous.

La sagesse qui réside dans les lois de la création – lois qui sont l’expression de la volonté du Créateur – ne favorise donc pas la rencontre avec des personnes ayant des buts opposés ni leur association, car elles se contrarient et s’entravent sans le vouloir. Au contraire, elle favorise la rencontre et le rapprochement de gens qui ont des intérêts similaires, donc qui se comprennent mieux et, par conséquent, peuvent mieux s’entraider et se stimuler. Un musicien, par exemple, développera beaucoup plus sûrement ses talents s’il vit dans un milieu de musiciens que s’il côtoie toute la journée des gens qui ne sont pas sensibles à la musique, qui n’en jouent ni n’en écoutent.
La fréquentation de gens en affinité crée un milieu où des échanges fructueux peuvent se faire, chacun apportant quelque chose aux autres. Les facultés individuelles en sont stimulées, elles se perfectionnent, se complètent et s’épanouissent. Est-ce à dire que chaque caste doit vivre repliée sur elle-même, sans contact avec l’extérieur ? Non, car les castes ne peuvent vivre isolées, seules avec elles-mêmes. Chacune fait partie d’un ensemble et en est indissociable. Ce n’est pas sans raison que l’on parle d’un système de castes.
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