QUI EST RESPONSABLE DE LA MORT DE JESUS

QUI EST RESPONSABLE DE LA MORT DE JESUS

En 1972, l’avocat israélien David a présenté une requête demandant à la cour suprême d’Israël la révision du procès de Jésus, en alléguant que ce procès avait été insultant pour la justice (France-Soir 8.7.1972). La requête fut déboutée en première instance. La raison invoquée était que dans ce cas il ne s’agissait pas d’un problème juridique, mais d’un problème historique. Qu’en est-il vraiment ? 

Une deuxième requête fut également déclarée irrecevable du fait que ce n’étaient pas les Juifs qui avaient condamné Jésus mais les Romains. En conséquence, ce n’était pas la justice israélienne qui était compétente mais la justice italienne.

Du point de vue juridique c’est vrai. Seul Pilate, en tant que représentant de la puissance occupante, pouvait prononcer une condamnation à mort et la faire exécuter. La façon dont il conduisit le procès et ses trois tentatives de sauvetage prouvent clairement que Pilate ne voulut pas la mort de Jésus et ne vit pas en Lui un danger pour Rome. Cependant, pour ne pas mettre en danger sa situation, il a finalement admis que la force prime le droit.

La faute majeure incombe à ceux qui pendant des années excitèrent le peuple contre Jésus, qui ne cessèrent de souhaiter sa perte et d’y travailler et extorquèrent à Pilate la confirmation de la peine de mort décidée par eux.

Et Judas ? Lorsqu’il vit les suites de son action, il retourna chez Caïphe et lui dit : «J’ai péché, en livrant le sang innocent». Caïphe lui rétorqua sur un ton rogue : «"Que nous importe ! Cela te regarde !"Judas jeta les pièces d’argent dans le temple, se retira, et alla se pendre.» (Matthieu 27,4-6)

Dans sa «Vie de Jésus» (Flammarion) François Mauriac (1885-1970) a écrit : «Il s’en est fallu de très peu que les larmes de Judas ne fussent confondues dans le souvenir des hommes avec celles de Pierre. Il aurait pu devenir un saint, le patron de nous tous qui ne cessons de trahir. Le repentir l’étouffait : l’Évangile précise qu’il se repentit. Judas fut au bord de la contrition parfaite. Dieu aurait eu tout de même le traître nécessaire à la Rédemption, et un saint de surcroît.»

Dieu avait-il besoin d’un traître pour exécuter son plan de sauvetage de l’humanité ? L’illogisme que renferme cette façon de concevoir les choses a déjà embarrassé maints esprits.

La mort de Jésus était-elle voulue de Dieu ?

Si la volonté de Dieu avait été que son Fils vienne sur terre pour souffrir et mourir, il aurait fallu des hommes pour réaliser ce plan dans la matière. Dans cette perspective, tous ceux qui ont haï, calomnié, trahi, condamné et tué Jésus n’auraient été que des exécutants indispensables de la volonté de Dieu. Chez ces individus, en aucun cas il ne saurait être question d’une faute personnelle. Bien au contraire ! L’humanité devrait remercier ces auxiliaires, puisqu’ils auraient contribué à rendre possibles la rédemption et l’épuration de tous les péchés.

Dans un ordre d’idées analogue l’écrivain Henri Petiot, dit Daniel-Rops (1901-1965), pensait que les Juifs ne devaient pas reconnaître Jésus et il prétend que c’était voulu ainsi, sinon ils ne l’auraient ni persécuté ni tué et le plan divin de rédemption aurait échoué. Si l’on donne à la mort de Jésus sur la croix le sens d’un sacrifice expiatoire voulu et organisé, on arrive effectivement à des conclusions aussi insensées.

Mais qui peut affirmer qu’il a vraiment compris comment le fait de faire assassiner un innocent ait pu libérer de leurs faux agissements des milliards de fautifs !

Si un tribunal terrestre condamnait sciemment à mort un innocent à la place du véritable coupable, ce serait à nos yeux un affreux crime judiciaire.

De la part de Dieu, par contre, nous croyons que c’est possible. Il n’est pourtant pas seulement l’Amour mais aussi la Justice parfaite. Autrement Il ne serait pas Dieu. Par conséquent, il est absolument impossible que l’assassinat de Jésus ait pu libérer les humains. Et il est tout aussi exclu que le Créateur parfait ait envoyé son Fils dans cette intention sur terre.

Le but de notre vie est l’évolution de notre esprit, à partir d’un germe inconscient, jusqu’à une personnalité autoconsciente. Cet épanouissement ne peut se faire qu’à travers de multiples expériences vécues. A cet effet, nous avons été dotés du libre arbitre auquel est indissociablement liée la pleine responsabilité de toutes nos activités.

Les suites de nos pensées, paroles et actes qui constituent notre karma, nous informent par des chocs en retour agréables ou désagréables de la nature de nos choix et de nos actions dans le passé.

Quant à ces expériences personnelles, nous en avons absolument besoin. Si un enseignant ne corrigeait jamais les devoirs de ses élèves, ceux-ci ne sauraient pas s’ils ont compris les leçons et bien fait leurs devoirs. De la même façon, l’annulation des suites de nos actions, ou l’effacement de nos péchés, nous priverait de la maturation par les expériences vécues. Dans notre étroitesse de vue nous saluons cette annulation sans réaliser qu’elle ne nous serait d’aucun profit, puisque nous n’aurions rien appris.

Attendre de l’omnisagesse du Créateur une œuvre aussi imparfaite qu’une rémission arbitraire des péchés serait une négation de sa Perfection éternelle et intangible.

Depuis le commencement des mondes, la Volonté créatrice de Dieu est ancrée dans la création et elle y agit par ses lois. La loi de cause à effet est l’une des trois lois fondamentales. Elle représente la Justice divine qui sans déviation ou choix arbitraire, donc de façon rigoureusement objective, oblige chacun à récolter ce qu’il a semé.

Cette réciprocité entre les semailles et les récoltes exclut avec une légitimité d’airain que Jésus innocent ait pu prendre sur lui nos fautes, donc les suites de nos actions. C’est une dangereuse erreur de le croire et de compter sur une telle substitution.

Jésus était venu apporter la Vérité et déblayer le chemin conduisant au paradis. Ce chemin avait été encombré par les fausses opinions humaines. Cependant Jésus ne pouvait que montrer le chemin. Chacun doit le parcourir lui-même. Il ne suffit donc pas de croire en Jésus et en son message. Ce qui est décisif c’est de vivre d’après sa Parole et de la transformer en actes.

L’enseignement de Jésus, comme toutes les révélations venues de la Lumière, était adapté dans sa formulation à la compréhension de son époque. Aujourd’hui, il est difficile pour nous de saisir la profondeur des images et des paraboles si simples.

Aux heures décisives que nous vivons, de nouvelles connaissances nous ont été apportées. Le Message du Graal de Abd-ru-shin «Dans la Lumière de la Vérité», qui nous explique toute la création, qui commente le sens et le but de l’existence humaine et répond ainsi à toutes les questions fondamentales, nous permet également de comprendre pleinement la Vérité enseignée par Jésus. La vraie mission du Christ et la grandeur de son sacrifice nous apparaissent alors sous une lumière nouvelle. Abd-ru-shin accomplit ainsi la promesse de Jésus : «Il parlera de moi et me glorifiera»

Ernest Schmitt
Sacrifice ou Meurtre
Editions du Graal

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